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1994 - Du même titre que son roman paru chez Lattès cette même année, "Parfum d'enfer" est un opéra rock co-réalisé avec Jean-Paul Dréau. Son héros, Franck Korta, évolue dans une fresque sombre et visionnaire d'une fin de siècle tourmentée. Mi- brigan mi-Robin des Bois, il tentera de suivre la voie qu'il s'est tracé et de survivre dans une France en crise où règne misère, révolte et violence.

  
Rebel
(Jean-Luc Lahaye - Jean-Paul Dréau / Jean-Luc Lahaye)

Guerrier des temples morts
Où vivaient mes ancêtres
J’ai tatoué sur mon corps
REBEL en rouges lettres
Je ne crains plus personne
Je n’ai plus peur de rien
Ma haine c’est trop d’alcool
Plus j’en bois plus j’ai faim

Je voudrais tout changer
Casser toutes les barrières
Mais j’en peux plus de cogner
Sur des rêves durs comme fer
On voudrait du soleil
Mais pour les gens d’en bas
La seule couleur du ciel
C’est la grise qui donne froid

Rebel
J’suis né comme ça
J’appartiens à personne
C’est mon seul combat
Rebel
A la force des bras
J’prends jamais c’qu’on me donne
On ne m’achète pas
Rebel
C’est mon nom hors-la-loi

Y’a des rivières de larmes
Qui coulent sur les pavés
Moi c’est dans les eaux sales
Que j’ai appris à nager
J’ai déjà pris mon tour
Au fond du barillet
Si par hasard un jour
Les flics me serraient

Rebel
J’suis né comme ça
J’appartiens à personne
C’est mon seul combat
Rebel
A la force des bras
J’prends jamais c’qu’on me donne
On ne m’achète pas
Rebel
C’est mon nom hors-la-loi

Rebel
Rebel
C’est mon nom hors-la-loi
C’est mon seul combat


Révolution
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

Perdus au fond d’la ville
Quatre murs de béton
J’ai choisi mon exil
Une armée, ma légion
Vendeurs d’armes mercenaires
Les puissants en ont peur
Ils préparent un enfer
C’est c’que dit la rumeur
Les damnés du bunker
Le jour "J" s’ront à l’heure

Dehors c’est la misère
Les loups sortent du bois
Les médias doivent se taire
Mais c’est trop tard déjà
Soldats de l’impossible
Ou gardiens des nations
Je suis l’unique cible
D’un état illusion
Un damné du Bunker
Dans Paris qui a peur

Préparer la révolution
Tout casser pour tout refaire
C’est sûrement la dernière mission
Pour moi et tous mes frères

Derrière les lourdes portes
On prépare l’arsenal
A l’heure de la révolte
Les démons s’ront du bal
Au fond de mon repère
Solitaire et maudit
J’suis OK pour la guerre
Comme je leur ai promis
Les damnés du bunker
Le jour "J" s’ront à l’heure

Préparer la révolution
Tout casser pour tout refaire
C’est sûrement la dernière mission
Pour moi et tous mes frères

Préparer la révolution
Tout casser, tout foutre en l’air
C’est sûrement la dernière mission
Pour moi et tous mes frères

Préparer la révolution
Tout casser pour tout refaire
C’est sûrement la dernière mission
Pour moi et tous mes frères


Toute seule
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

Insolente et belle comme un rêve
Elle est la reine incontestée de l’info
Le monde entier est pendu à ses lèvres
Elle n’a peur de rien, son arme : les mots
Solitaire et agile comme un chat
Toujours au bon moment, au bon endroit
Elle sait tout même ce qu’on ne dit pas
Sa puissance : c’est l’audimat, le roi
Elle n’a peur de rien ni de personne
Pour elle je ne suis qu’un hors-la-loi
Si elle veut tout ce que j’ai, je le lui donne
Je suis fou d’elle mais elle ne le sait pas

Parce qu’elle est toute seule
Vraiment toute seule
Moi aussi j’suis tout seul
Vraiment tout seul
Elle voudrait me changer
Dev’nir ma sentinelle
Elle rêve de m’enlever
Je rêve d’être avec elle

Cheveux blonds et magique voix sensuelle
Si un jour tu passais par là
Mon bunker serait ta citadelle
Et tous mes trophées seraient pour toi
Je n’ai peur de rien ni de personne
Mais la seule victoire que je n’ai pas
Si tu veux c’est toi qui me la donne
Je suis prêt à tout, si on la touche je me bats

Parce qu’elle est toute seule
Vraiment toute seule
Moi aussi j’suis tout seul
Vraiment tout seul
Elle voudrait me changer
Dev’nir ma sentinelle
Elle rêve de m’enlever
Je rêve d’être avec elle

Elle n’a peur de rien ni de personne
Pour elle je ne suis qu’un hors-la-loi
Si elle veut tout ce que j’ai, je le lui donne
Je suis fou d’elle mais elle ne le sait pas

Parce qu’elle est toute seule
Vraiment toute seule
Si seule
Oh c’est fou comme elle est seule
Si seule
Oh si seule


Clochard City
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

Au bord du boulevard circulaire
Le bidonville des sans-espoir
Ici tout le monde vit par terre
Avec les rats d’égout pour frères, les cafards
Les meutes autour d’un brasero
Se préparent pour la chasse du soir
Ici y’a même plus un oiseau
Les chats, les chiens ont disparu, caviar
Le ghetto, le mouroir
C’est le camp des laissés pour compte
Le taudis du monde asocial
La honte
Le repère des premiers zombis
Le virus, la raison du mal, les bannis

Ne descends jamais
Dans Clochard City
La profonde plaie
Qui coule de Paris
C’est Clochard City

Pour le banquet des affamés
Sur des tôles arrosées d’eau sale
La charogne est bonne à manger
Epilogue, solution finale, gagné !
L’armée, les flics et les vigiles
Tirent quelques rafales toutes les heures
Ici, la mort c’est pas un crime
Et la vie a la même odeur, subtile
C’est comment la peur
Dans le camp des laissés pour compte
Le taudis du monde asocial
La honte
Le repère des premiers zombis
Le virus, la raison du mal, les bannis

Ne descends jamais
Dans Clochard City
La profonde plaie
Qui coule de Paris
C’est Clochard City


Nouveau monde
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

J’voulais l’amour, la paix
Pas la guerre, mais pour tout changer
Ca suffit pas de tirer un trait
Il faut se battre pour gagner
Partis tous ceux que j’aimais
Toutes mes étoiles en poussières
C’est l’an 2000 regrets
Je reste seul, où sont mes frères

Le monde est fou
Et l’homme un barbare égaré
Il a pris tout
J’ai rien pu faire
Pour l’arrêter

Pourtant demain pour le tout nouveau millénaire
Même s’il ne reste plus rien
Nous on sera là
Pour tout refaire
Un paradis sur terre
Le nouveau monde


Les murs du silence
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

Sur le grand livre des nations
Tous ces taulards n’existent plus
On leur a volé la raison
Pour en faire des inconnus
Effacé le temps qui passe
Plus de jour
Jamais de nuit
Plus rien à voir
Personne en face
Interdits même les cris

Prisonniers dans leurs mémoires
Leurs souvenirs sont des mensonges
Ils ont perdu leur histoire
Y’a plus que l’oubli qui les plonge
Lumière blanche, cage en cristal
Enfermés, tous les rebelles
Leur ville enfer carcéral
Plus jamais le ciel

Derrière les murs du silence
Anonymes et sans parole
Tous ces démons sans importance
Sont devenus des chiens mangeurs d’hommes
Derrière les murs du silence
Quand la folie joue à la mort
Inondés dans la lumière blanche
Qui vit encore ?

Tous ils sont là pour mourir
Politiques et droits communs
Aucune issue pour s’enfuir
Mais c’est peut-être pour demain
Dans ce cauchemar, pas d’espoir
La haine c’est le quotidien
Lueur blanche sur idées noires
N’hurle pas, on n’entend rien

Tous ces maudits, ces déserteurs
Cassés pour l’éternité
Détruits parce qu’ils faisaient peur
Ou trop assoiffés de liberté
Même les matons cameramen
Cachés derrière leurs écrans
Ont des envies criminelles
Un jour coulera le sang

Mais dans la prison du silence
Anonymes et sans parole
Tous ces démons sans importance
Sont devenus des chiens mangeurs d’hommes
Derrière les murs du silence
Quand la folie joue à la mort
Inondés de lumière blanche
Qui vit encore ?

Derrière les murs du silence
Quand la folie joue à la mort
Inondés dans la lumière blanche
Qui vit encore ?


Julien
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

Malakoff, Julien a quatorze ans, de la haine plein les poches
Pas tout à fait un homme, sûrement plus un enfant
Dans sa rue, le peu qu’on donne
C’est des coups, comme les grands
La violence est gratuite, comme une prise de sang
La différence…
Un frangin dans la guerre et déjà plus d’parents
Jetés tous les posters, même l’école y’a un blanc
Pas besoin d’jeux virtuels, son computer géant
C’est la zone HLM où rodent tous les mutants
Sa différence…

Y’a pas grand chose à dire
Si tu es né du mauvais côté
Celui où pour grandir, faut surtout pas rêver
C’est la différence

Il te faudra nager même à contre-courant
Et chaque fois gagner contre tous les géants
Je s’rai à tes côtés, tu peux compter sur moi
Pour t’empêcher d’pleurer, tu n’en as plus le droit
T’es mon frère, la moitié du rouge de mon sang
La différence…
Nous, on n’a pas le choix, pas d’passé, plus d’histoire
Tu t’inventeras tes lois, comme moi
La différence…

Y’a pas grand chose à dire
Si tu es né du mauvais côté
Celui où pour grandir, faut surtout pas rêver
La différence

J’ai tellement de choses à te dire
J’suis né aussi du mauvais côté
J’ai fini par ouvrir toutes les portes sans les clés


Cinéville
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

C’est fini
L’errance et les odeurs de guerre
Sous le soleil factice des projecteurs
Cinéville en concert, couleur
Ce soir
On va pouvoir tout effacer
Dire Strait pour nous faire planer
Et toute la nuit pour oublier

La musique c’est le cri
Qui change le monde
Qui ranime la vie
Elle peut empêcher les bombes
Si t’as soif, te faire la pluie
Faire du soleil où c’est sombre
Rendre grand c’qu’est tout petit
C’est l’mot de passe garanti
Pour tout le monde

Un décor de cinéma pour histoires vraies
Des chansons d’amour pour s’aimer encore
Cette nuit-là j’l’oublierai jamais
Mais demain
Quand il faudra prendre les armes
Pour faire la paix ou peut-être pour rien
J’aurai un vague à l’âme certain
Mais pourtant j’leur dirai

La musique c’est le cri
Qui change le monde
Qui ranime la vie
Elle peut empêcher les bombes
Si t’as soif, te faire la pluie
Faire du soleil où c’est sombre
Rendre grand c’qu’est tout petit

La musique c’est le cri
Qui change le monde
Qui ranime la vie
Elle peut empêcher les bombes
Si t’as soif, te faire la pluie
Faire du soleil où c’est sombre
Rendre grand c’qu’est tout petit


La lettre de Marion
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

Une lettre par terre
Trouvée dans ce wagon
Quelques phrases pour un père
Oublié sans raison
Une enfant inconnue
Qui n’a plus qu’un prénom

« Papa, j’ai trop grandi, tu me manques, Marion. »

Et l’odeur de ces mots
Me transperce le cœur
Si vrais dans tout le faux
Qu’ils calment ma douleur
A la prochaine halte
Je serai son facteur
La lettre de Marion
Arrivera à l’heure
De la révolution


Isabelle
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

On avait encore tellement de choses à faire
Encore tellement de rêves à se dire
Pourtant, je reste en enfer
Dans ce monde où pour survivre
Ma seule envie dans cette guerre
C’était toi et moi mais libres
J’me sens seul, infiniment perdu
Cassé, inutile, un mort vivant
Fais-moi un signe, où es-tu
Tu n’m’as pas laissé le temps
On s’est peut-être perdu
On se retrouvera sûrement

Isabelle
Fais-moi l’oiseau
Mets-moi des ailes
Isabelle
J’irai là-haut
J’toucherai le ciel
Isabelle
Avec toi j’étais le plus fort
Isabelle
Mais ça m’sert à quoi de vivre encore

Si tu voyais ce qui reste après toi
Un monde vide, triste, sale et froid
Tu n’voulais que le meilleur
Les autres ne le savaient pas
J’ai perdu l’unique fleur
Qui poussait auprès de moi
Mais il va falloir encore se battre
Voir des enfants pleurer, des femmes mourir
Le cœur fermé dans un sac
Des larmes rouges pour souffrir
Et ton absence comme une marque
Eternelle pour m’enfuir

Isabelle
Isabelle
Isabelle, fais-moi l’oiseau
Mets-moi des ailes
Isabelle  
Pour toi, Isabelle
J’irai là-haut
J’toucherai le ciel


Loin d’ici
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

Je n’sais pas c’qui m’arrive
Ce soir j’me sens pas bien
J’ai voulu vivre libre
J’ai mordu comme un chien
Tout c’qui brisait mes rêves
Ceux qui voulaient ma fin
Mais la haine quand elle crève
Oh t’as plus envie de rien

Je t’ai aimé ma belle
Comme j’n’aimerai plus personne
J’étais grand, j’avais des ailes
Avant qu’tu m’abandonnes
J’ai l’blues qui m’colle aux yeux
Dans cette putain de guerre
Tous mes amis brûlent dans le feu
Du grand bûcher planétaire

Loin d’ici
J’veux m’enfuir
Je n’ai plus rien à prendre
Plus rien à donner
Oh loin d’ici, loin d’ici
J’veux partir
Loin d’ici
Plus un cri
S’aimer

J’regarde briller les étoiles
Le ciel coule tout son noir
J’ai ma vie qui m’fait mal
J’ai plus envie d’savoir
J’ai perdu la raison
En espérant l’avoir
Et les barreaux de ma prison
C’est ma mémoire

Loin d’ici
J’veux m’enfuir
Je n’ai plus rien à prendre
Plus rien à donner
Oh loin d’ici, loin d’ici
J’veux partir
Loin d’ici
Plus un cri
Juste s’aimer


Exode SOS
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

Enfants et femmes
Grands-parents, hommes et chiens
La caravane de l’exode se traîne sur les chemins
Serpent humain
Fuir la violence
L’essentiel à la main
Dans l’indifférence
Des nantis, des pilleurs
Des vautours
Les voleurs de pain

Partir
Tout laisser derrière
S’enfuir
Sans se retourner
Partir
Le corps déchiré
Humilié et lourd comme une pierre
Se dire que plus loin
Peut-être ailleurs
Après le pire le meilleur
Et même si ta vie pleure
Un pas de plus et tu prends la couleur

Partout tristesse, désolation et flammes
Le froid qui blesse le cœur
Et détruit les âmes
Exode SOS

Partir
Tout laisser derrière
S’enfuir
Sans se retourner
Partir
Le corps déchiré
Humilié et lourd comme une pierre
Se dire que plus loin
Peut-être ailleurs
Après le pire le meilleur
Et même si ta vie pleure
Un pas de plus et tu prends la couleur
Partir
Tout laisser derrière
S’enfuir


Etat de siège
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

Ce soir c’est le couvre-feu
Et la misère se traîne comme une solitude
Les rues désertes ferment leurs yeux
La milice et l’armée patrouillent du Nord au Sud
C’est l’état de siège
L’avant-guerre civile
L’ombre de mort sur la ville
Etat de siège

Les chiens de guerre cherchent leurs proies
La présidence et l’assemblée sont sous contrôle
A la radio, à la télé
L’information montre du doigt la France folle
Les pillages, les exécutions sommaires
Si tu sors, t’es en enfer
Etat de siège

Des fumées noires cachent la ville
Partout la peur et la détresse
La loi du crime
Sans scrupules et sans état d’âme
Les conquérants du nouveau monde
Déciment
Etat de siège
On assassine
La liberté est un délit
Année 2000
Etat de siège
Année 2000


Parfum d’enfer
(Jean-Luc Lahaye / Jean-Paul Dréau - Jean-Paul Dréau)

Le dernier des douze coups de minuit sonne
Mort le second millénaire
Et pourtant sur la planète
Le bruit de guerre résonne
Bruit d’apocalypse
Au parfum d’enfer

L’humanité a perdu la raison
Le monde a peur et faim
Envahi par le poison
Que distillent les derniers gardiens
De l’apocalypse
Du jardin d’enfer

Les conquérants se partagent
Les quotas de la détresse
Dans la violence et la rage
Survivre c’est tout c’qu’il nous reste
Un parfum d’enfer

Tout en haut des tours de Notre-Dame
Des canons attendent sur la ville
Une étincelle et c’est le drame
Un ordre un seul et c’est facile
Pour l’apocalypse
Peut-être pour l’enfer

C’est l’apocalypse
Et sûrement l’enfer

Les conquérants se partagent
Les quotas de la détresse
Dans la violence et la rage
L’horreur c’est tout ce qu’il nous reste
L’enfer
Survivre
Si je reste
En enfer


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