Djemila des Lilas
(Jean-Luc Lahaye - Jean-Claude Collo / Cyril Assous)
Djemila des Lilas
Frêle gazelle des ruelles
Met du bleu sur ses yeux
De la fièvre sur ses lèvres
Et loin de Khomeiny
Elle imite Adjani
Djemila a quinze ans
L'âge soie, l'âge faon
Dans un short en satin
Qu'elle porte le matin
Elle va faire son jogging
Sous un walkman qui swingue
L'Algérie, le croissant
Loin d'ici, pas le temps, pas le temps
Djemila des Lilas
Frêle gazelle des ruelles
Met du bleu sur ses yeux
De la fièvre sur ses lèvres
Et loin de Khomeiny
Elle imite Adjani
Djemila Djemila Djemila Djemila Djemila
Djemila Djemila Djemila
Sa mini d'chez Tati
La dévoile sensuelle
Ces regards qui la frôlent
Ça l'égare, ça l'affole
Le Coran en c'moment
Elle l'aimerait tolérant
Elle l'aimerait moins austère
Moins collant, moins colère, moins amer
Djemila Djemila Djemila Djemila Djemila
Djemila Djemila Djemila
Djemila ne lit pas
Elle échappe à ses frères
Elle s'en moque, y'a le Rock
Qu'est plus fou
Bien plus fou, elle s'en fout
Djemila des Lilas
Frêle gazelle des ruelles
Met du bleu sur ses yeux
De la fièvre sur ses lèvres
Et loin de Khomeiny
Elle imite Adjani
Djemila Djemila Djemila Djemila Djemila
Djemila Djemila Djemila
Il faudrait que tu reviennes
(D. Pomel - Jean-Luc Lahaye - Alain Lanty)
Si tu savais comme ce matin
J'ai comme un goût de ne rien faire
J'ai comme un goût de goût à rien
Ma vie qui march'rait à l'envers
Le vent dans les volets s'amuse
A se moquer de tout du temps
Du temps qui passe et qui nous use
Ce soir je pense à tout ce temps
Il faudrait que tu reviennes
Pour une heure, pour un instant
Promis j'te dirai pas je t'aime
Comment ça va tout simplement
Il faudrait que tu reviennes
L'habitude prendra son temps
Promis j'te dirai pas je t'aime
Comment ça va tout simplement
Je suis là tout seul dans ma chambre
A regarder le cendrier
A me dire que ma vie ressemble
A ces mégots mal alignés
Il y en a encore un qui fume
Je cherchais une mélodie
J'avais besoin de ton prénom
Sur mon piano et dans ma vie
Il faudrait que tu reviennes
Pour une heure, pour un instant
Promis j'te dirai pas je t'aime
Comment ça va tout simplement
Il faudrait que tu reviennes
L'habitude prendra son temps
Promis j'te dirai pas je t'aime
Comment ça va tout simplement
Il en aura fallu du temps
Pour réveiller mes insomnies
C'est un travail de titan
Pour composer avec sa vie
Connais-tu une chambre d'hôtel
Près d'une gare qui s'ennuie
Les voisins jouent à la marelle
Sur ma tête au-dessus du lit
Il faudrait que tu reviennes
Pour une heure, pour un instant
Promis j'te dirai pas je t'aime
Comment ça va tout simplement
Il faudrait que tu reviennes
L'habitude prendra son temps
Promis j'te dirai pas je t'aime
Comment ça va tout simplement
Il faudrait que tu reviennes
Il faudrait que tu reviennes
Nostalgia Argentina
(Jean-Luc Lahaye - L. Dettome / C. Assous)
Dans la rue traîne comme une odeur d’exil
Parfum droit d’asile Paris pas facile
Etrangement étranger
J’ai arraché les racines de mes souliers
La solitude n’a pas d’état civil
C’est comme un reptile caché dans la ville
Il guette l’étranger
Moi j’ai gardé la musique pour m’évader
Nostalgia Argentina
Bandonéons des bodegas
Desperados des tangos
J’ai deux continents dans la peau
Aye aye aye aye aye aye
Buenos Aires
Tendresse
La plainte d’un homme qu’on blesse
Nostalgia Argentina
La nuit dessine au bout de son tunnel
L’ombre de Gardel tango éternel
A la Casa Rosada
J’entends la voix de Peones de San Miguel
Des étoiles s’allument sur la brillantine
Señoras félines qui dansent et fascinent
Et promettent sans tenir
Y’a des sourires qui ressemblent à nos désirs
Nostalgia Argentina
Bandonéons des bodegas
Desperados des tangos
J’ai deux continents dans la peau
Aye aye aye aye aye aye
Buenos Aires
Tendresse
La plainte d’un homme qu’on blesse
Nostalgia Argentina
J’ai le cœur Nostalgia Argentina
Aujourd’hui je t’écris
Mon pays loin d’ici
Et je rêve, et je rêve
Nostalgia Argentina
Chut
(Jean-Luc Lahaye - J.-M. Poirier / D. Egéa)
Dans mon cœur ce soir état d’urgence
Dehors même plus d’ambulance
Pour sauver des rêves qui se balancent
Au bout d’un tas d’évidences
J’ai l’cœur qui prend l’eau qui tient plus debout
Retour case départ
Y’a la peur qui rôde, qui m’fait les yeux doux
Et puis y’a toi qui pars
Chut tais-toi
Y’a des mots qu’on n’oublie pas
Chut y’a rien à dire
Y’a même plus rien à mentir
Faut pas salir tous nos souvenirs
Chut on peut partir
Sans faire la guerre à tout prix
Sans raturer tout ce qu’on s’est dit
Tu pourras tout dire en mon absence
Mais ce soir je préfère le silence
Tu vas déchirer mes rêves d’enfance
Tais-toi pas d’imprudence
Y’a des mots qui prennent trop d’importance
Tais-toi état d’urgence
J’ai l’cœur qui s’enrhume en panne de printemps
En panne de sentiments
Y’a la peur qui brûle partout en dedans
Un peu de mes quinze ans
Chut tais-toi
Y’a des mots qu’on n’oublie pas
Chut y’a rien à dire
Y’a même plus rien à mentir
Faut pas salir tous nos souvenirs
Chut on peut partir
Sans faire la guerre à tout prix
Sans raturer tout ce qu’on s’est dit
Tu pourras tout dire en mon absence
Mais ce soir je préfère le silence
Chut
Y’a rien à dire
Y’a même plus rien à mentir
Faut pas salir tous nos souvenirs
Chut
On peut partir
Sans faire la guerre à tout prix
Sans raturer tout ce qu’on s’est dit
Chut
Y’a rien à dire
Y’a même plus rien à mentir
Faut pas salir tous nos souvenirs
Chut
On peut partir
Sans faire la guerre à tout prix
Sans raturer tout ce qu’on s’est dit
J't'aime quand même
(Jean-Luc Lahaye - Luc Dettome / Luc Dettome - G. Demazière)
T'as même oublié ton passeport
Tellement tu t'es cassé trop vite
Tu sais j'réalise pas encore
Qu't'étais ici juste en transit
Portrait-robot d'un mec normal
Comme quelques millions d'émigrés
Le cœur français, le sang rital
Y a qu'les cons qu'tu pouvais gêner
Il y aura toujours un pompiste
Une station service à Pantin
Pour témoigner qu'les vrais artistes
S'recrutent pas dans l'carnet mondain
Dieu comme tu nous as fait marrer
Tu vois j'en ai encore des larmes
Et la nuit j'entends le vacarme
D'une moto qui n's'arrête jamais
Mais j't'aime quand même
Mais j't'aime quand même
Parc'qu'on est de la même graine
Et que nos idées sont les mêmes
Mais j't'aime quand même
Mais j't'aime quand même
J'me dis qu'tu joues les vacanciers
Qu'on va t'revoir à la rentrée
Ton dernier sketch n'a pas fait rire
Y avait personne pour t'applaudir
Tu t'es payé ton premier bide
C'est nul gag aussi stupide
J'connais des micros qui t'en veulent
Sans toi y's'fendront plus la gueule
Tu t'es tiré à cent l'heure
En nous faisant un bras d'honneur
J'suis sûr qu't'avais filé rencard
A Daniel ton pote et bien d'autres
J'peux pas m'empêcher d't'en vouloir
D'être un peu plus seul par ta faute
Comme t'aime pas rester sans rien faire
Si par hasard t'ouvres un resto
Surtout tu m'réserves un couvert
Pour quand j'te rejoindrai là-haut
Mais j't'aime quand même
Mais j't'aime quand même
Parc'qu'on est de la même graine
Et que nos idées sont les mêmes
Mais j't'aime quand même
Mais j't'aime quand même
J'me dis qu'tu joues les vacanciers
Qu'on va t'revoir à la rentrée
Les jongleurs
(F. Thomas - Jean Musy)
J’étais en pleine enfance
Quand arrivèrent les jongleurs
Ceux dont l’état civil s’inscrit
Dans une ville d’Italie
Turin
Gènes
Florence
Ou dans une mairie du midi de la France
Sète
Martigues
Villefranche
Car ceux qui naissent au cirque
Y grandissent
S’y marient
S’y brisent
Sont obligés pour poursuivre leur route
D’accomplir partout les plus basses des formalités de police
J’étais en pleine enfance
Quand arrivèrent les jongleurs
Ils étaient par deux
Par familles entières
Ils avaient des cousins viennois
Mais par peur de la ville
Ne quittaient jamais leur grand ciel de toile
Toujours en défaut de leur identité
De leur métier sans métier
De leurs yeux brillants
De leurs cheveux bouclés
Que s’établissait partout
La crainte chez les épiciers
Mes parents étaient bons
Je ne les aurais jamais quittés
Sans ces grandes affiches
Pleines de belles lettres rouges
Mais qui lève un pan de la toile
Et s’y glisse un seul instant
S’y perd à jamais
S’y perd pour toujours
Et moi
J’étais en pleine enfance
Quand arrivèrent les jongleurs
J’ai embarqué de nuit au Havre
Sur un cargo hollandais
Avec les cages des fauves
Les frères dresseurs
L’homme canon
Celui qui se jetait là-haut dans les étoiles
Et avec les nains féroces et toujours pardonnés
Les garçons de piste
Les comptables
Les chauffeurs maltais
Tout en muscles et en querelles
Sans femme
Mais avec leurs cartes et leurs dés
Et tous me cachèrent
Quand les gendarmes des docks
Firent la tournée des cales
J’étais libre
J’étais libre
J’étais libre
Mais j’étais l’assassin d’un père et d’une mère… d’une mère
J’avais douze ans
L’âge où l’on a tout à grandir
A se plier
A s’équilibrer
A se rompre
Sur des tapis usés
Une corde de chanvre passée en travers de la taille
Jeté en l’air
Comme une balle de son
Comme un ballon
Regardé par les chiens
Les chevaux
Toutes espèces d’animaux
Sous les rires violents des clowns
Les jarrets fouettés par la baguette
De celui qu’un saut ancien
Avait fait crier de terreur
La troupe entière et les spectateurs
Devant les populations des villes et des campagnes
J’ai fait la parade
J’ai ameuté les gens
Partout à la fois
Servant à tous
J’ai distribué les pauvres billets de faveur
Et payé en dernier
Sans cesse menacé d’abandon
J’ai quand même suivi
J’ai suivi
J’étais enfin du cirque
Dans nos quartiers d’hiver
Quand nous refaisions les peintures
Sur les barreaux des cages
Et les numéros des banquettes
J’ai essayé le soir de me faire aimer
De solitaires serveuses
De placeuses de cinéma
D’employées de ferme
Ecouteuses de juke-box
Emerveillées de ma vie
Moi qui voyais tant de pays
Tant de patries
Moi qui étais du cirque
C’est des années après
Que je suis revenu
Un couple d’instituteurs
Logeait au 41 de ma rue
Sur ce 4e étage
La porte à gauche
J’ai sonné chez eux car c’était chez nous
Mes vieux m’avaient laissé leur armoire
Un peu de vaisselle
Leur photo de mariage
Prise devant la mairie du 6e
Alors là devant ces gens
J’ai pleuré
Comme pleurent les malfaiteurs devant les agents
Puis j’ai donné l’armoire
La vaisselle
J’ai mis la photo là sur mon cœur
J’ai oublié mon pays
Son histoire
Ses fleuves
Ses rois
Sa gloire
J’ai attendu au bout de la ville
Qu’un cirque vienne à passer
Qu’un cirque vienne pour m’emporter
Et une nuit comme n’importe quelle nuit
Un cirque est passé
Un cirque est passé
Et pour toujours
Il m’a emporté
Scoop à la une
(Jean-Luc Lahaye - V. Baudet / C. Assous)
A la une des journaux du soir
Une fille brune masquée d’un foulard
Tend le bras, tire à bout portant
Un homme s’écroule dans un éclair de sang
Pour s’évader il a creusé
Un tunnel pendant cinq années
Ce prisonnier une fois dehors
Trop fatigué sur un banc, il s’endort
Et moi sur ma moto
Sans fusil, sans couteau
Chevalier de fortune
J’ai un scoop à la une
Sous les flashes des photos
On me tire dans le dos
Salut et sans rancune
Ce qui compte c’est la une
Et moi sur ma moto
Je n’ai pas de drapeau
Mon pays c’est l’bitume
Moi je shoot pour la une
Quelqu’un sous la pluie se suicide
Et plonge entre le ciel et l’vide
Il ne reste plus rien de sa vie
Son dernier regard c’est moi qui l’ai pris
Place des victoires je suis en planque
Depuis deux nuits devant la banque
La cible au bout de mon Nikon
J’suis l’seul à voir les milliards qui s’en vont
Et moi sur ma moto
Sans fusil sans couteau
Chevalier de fortune
J’ai un scoop à la une
J’navigue en solitaire
En chagrin en colère
N’ayez pas de rancune
On m’attend à la une
Et moi sur ma moto
Je n’ai pas de drapeau
Mon pays c’est l’bitume
Moi je joue pour la une
A la une des journaux du soir
Une fille brune masquée d’un foulard
Tend le bras, tire à bout portant
Un homme s’écroule dans un éclair de sang
Et moi sur ma moto
Je n’ai pas de drapeau
Mon pays c’est l’bitume
J’ai un scoop à la une
Et moi sur ma moto
Sans fusil sans couteau
Chevalier de fortune
J’ai un scoop à la une
Lettre à la vieille
(Frank Thomas / Jean Musy)
J'écris jamais la vieille
J'écris jamais
Je suis un lâche depuis ton ventre
Qui fut mon premier port d'attache
Ta main reçue en pleine tête
Quand j'te volais
Quand tu devais garder sur toi ton porte-monnaie
Elle a grandi là
Sur mon cœur
La petite tache
J'écris jamais la vieille
J'écris jamais
Je t'ai usé la vieille
Je t'ai usé
D'abord tes reins
Puis tes jambes
Puis tes yeux
Chez toi
Y avait qu'moi qui d'vais être heureux
Et mes cravates
Mes pantalons
Mes ch'mises bleues
J'les voulais tout de suite
Repassés
Et au mieux
Je t'ai usé la vieille
Je t'ai usé
Je t'ai menti la vieille
Je t'ai menti
J'suis prisonnier la vieille
J'suis prisonnier
Je coupe en deux mes cigarettes
Quand l'espoir flanche
Et en rêve
Maintenant
Je scie ton bois
J'range ton buffet
J'monte tes lessives dans l'escalier
Et l'dimanche tu restes au lit
Et j'te porte le café
Viens par ici la vieille
Viens par ici
J'suis trop d'soucis
Mais attends-moi
Même si le père me maudit
Y m'semble que j'suis vraiment jamais parti
Et que celui qui dort
Et pleure ici
La nuit le jour
Ce n'est pas tout à fait celui
Qu'une nuit d'amour
La vie t'avait donné
Pour toute la vie
Oh attend-moi la vieille
Attend-moi
Y faut qu’j'y crois
Comme quelque part
Dans le meilleur de moi
Qu'y ait au moins toi
Oh si je sors la vieille
Si je sors d'ici
J't'aime trop la vieille
Pour revenir
Chez toi